Tunisian Islamist party Member, Elected to the Constituent Assembly, is a "Feminist"

Language: 
French
Tunisian Islamist party Member, Elected to the Constituent Assembly, is a "Feminist"

Summary: Souad Abderrahim, prominent female Ennahdha member, sent letters to prominent Tunisian newspapers to indicate that she had withdrawn her complaint against a woman who aggressed her at the opening of the Constituent Assembly in mid-November. Abderrahim wrote that "it is because I am pro-feminist that I am withdrawing my complaint."

Abderrahim furthermore denied that she had "never accused" the well-known Tunisian Association of Democratic Women [Association Tunisienne des Femmes Démocrates] "of being behind the aggression" Abderrahim suffered. Along with other groups from civil society, the Tunisian Association of Democratic Women had staged a protest outside the Constituent Assembly (See: "Tunisian Civil Society Demonstrates in Full Force in Front of Constituent Assembly Opening Session") in response to Abderrahim's remarks that "single mothers are a disgrace to Tunisia" and "do not have the right to exist."  Ennadha's Secretary General Hamadi Jebali later told reporters that "Ennahda does not reject any part of Tunisian society including single mothers. We believe that single mothers should be treated equally like all Tunisian citizens."

Aberrahim's letter withdrawing her complaint is followed by a note from Le Temps’s editor. The note's tone is conciliatory, beginning with, "We doubt very little the sincerity of the 'pro-feminist' combat that Mrs Abderrahim will lead. We deplore again ... the ignoble aggression that she suffered."  The note finishes thus: "Tunisian women, be they Nadhaouies [with Ennahdha], democratic, or simply women, need instead to offer one another a hand."

Original Language Text: 

« C’est parce que je suis pro-féministe que je retire ma plainte contre la femme qui m’a agressée »

Nous avons reçu une lettre de Madame Abderrahim à propos de sa déclaration sur « Le Temps » concernant cette affaire d’agression.

«Suite à l’article paru dans votre journal en date du 24/11/2011 à la page 4 avec un titre à la page 1, et dans le cadre de l’exercice du droit de réplique garanti par la loi, j’ai l’honneur de demander la publication de ce qui suit :

Contrairement à ce qui a été publié sur les pages de votre quotidien, j’affirme que je n’ai jamais accusé l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates d’être derrière l’agression survenue le 22/11/2011 et qui avait porté atteinte à mon intégrité physique, ni même derrière la personne qui m’avait agressée.

Ayant conscience que les militantes de l’ATFD sont au-delà de tout soupçon, je me permet de leur rappeler, ainsi qu’à l’opinion publique, que ma position au sein de l’Assemblée Nationale Constituante ne peut être que pro-féministe.

Enfin, je tiens à préciser que cet incident passager, bien qu’il soit inadmissible et condamnable, ne peut en aucun cas, influencer les relations étroites entre les femmes tunisiennes quelles que soient leurs tendance politiques ou idéologiques.

Souad ABDERRAHIM

NDLR: Nous ne mettons guère en doute la sincérité du combat « pro-féministe » que mènera Madame Abderrahim. Nous déplorons encore et l’avons fait par la plume de Youssef Seddik l’agression ignoble quelle a subie. Même si les femmes libérales ont réagi, nous pensons qu’il faut mettre cela sur le compte de ces moments épiques de démocratie naissante que vit notre pays.

Madame Abderrahim nous a prié de rapporter ses hommages aux femmes démocrates et aux femmes en général. Elle affirme aussi avoir retiré sa plainte contre la femme qui l’a agressée. Nous pensons qu’il ne faut pas envenimer davantage la situation parce que le moment est délicat et parce que le monde entier nous regarde. Ne prêtons pas le flanc. Les femmes tunisiennes, quelles soient nadhdhaouies, démocrates et femmes tout court ont plutôt besoin de se tendre la main.